dimanche 19 octobre 2014

Impermanence

Je ne sais pas si le terme se dit en français: impermanence. En ce moment, c'est ce qui guide ma pratique de yoga, mais également ma façon de percevoir ma vie au quotidien. Cette notion nous vient du bouddhisme. Ça signifie que tout est changeant, en mouvance, rien n'est donc permanent. 

Depuis une semaine, ça va mieux, beaucoup mieux. J'ai moins envie de dormir et plus envie d'écrire lorsque je ne suis pas avec mes enfants ou lorsque, comme c'est le cas en ce moment, ils font la sieste. Pourtant, au quotidien, nous vivons notre part de défis. Nous avons mis nos deux garçons dans la même chambre et nos nuits sont mouvementées. Léo se réveille en hurlant plusieurs fois par nuit et il finit soit dans notre lit ou l'un de nous deux dans le sien. Bien sûr, ses cris réveillent Renaud qui une fois réveillé souhaite lui aussi avoir maman avec lui... pas papa. On venait juste de règler ses visites nocturnes dans notre lit et là, c'est au tour de Léo de perturber nos nuits. Avec le 3e en route, on est un peu inquiet quant au niveau de fatigue que nous allons atteindre et quant à l'organisation de nos nuits. Mon chum me demandait ce matin:"Est-ce que c'est de ça que vont avoir l'air nos nuits pour les 10 prochaines années?"... Impermanence...

Chaque fois que je propose une activité de groupe pour enfants de 3-4 ans organisée à Renaud, il refuse et se met à se rouler par terre et ce, même si il a un ami avec lui. Il n'aime pas les grands groupes (plus que trois enfants genre...). Vous comprendrez que la garderie, c'est pas mal exigeant pour lui... Hier, on avait une fête d'enfants. Notre petite voisine avec qui il joue toutes les semaines fêtait ses quatre ans. Il y avait 8 enfants en incluant Renaud et Léo. Ce fut l'enfer, on est parti après moins d'une heure. Il pleurait pour un rien, restait dans le salon pour lire un livre avec papa et ne voulait pas faire la chasse aux trésors avec les amis. Plusieurs questions me hantent dans ces moments. Pourquoi mon fils est-il si différent de la moyenne des enfants? Pourquoi est-ce si exigeant pour lui d'être dans un groupe d'enfants? Est-ce que je devrais le forcer davantage ou laisser aller? Impermanence...

Ça ne signifie pas que l'on doit se croiser les bras et ne rien faire, mais plutôt de travailler avec ce qui est là tout en acceptant qu'aujourd'hui c'est comme ça et que demain, dans une semaine, un mois, un an, ce sera différent. Ce ne sera pas parfait, ce ne sera peut-être pas ce que l'on avait souhaité, mais la vie suit son cours et nous devons travailler avec ce qui est là ici, maintenant et sans jugement... C'est un travail de longue haleine pour moi.


vendredi 17 octobre 2014

Dépression et périnatalité


Bishop, 2014
Cela fait maintenant presque deux ans que je n'ai pas écrit sur ce blogue. C'est typique pour moi. J'entreprends des projets et je suis pleine de bonne volonté, mais j'abandonne aussi rapidement. J'adore écrire, mais c'est un défi pour moi de m'asseoir et de prendre le temps. Avec mes deux garçons et un troisième en route, je ne manque pas d'excuse pour délaisser mon clavier. Je ne ferai pas aujourd'hui le récit de ma dernière année et demie avec mes trois amours (mon chum compris). Tout va bien avec les aléas de la vie. Toutefois, je profite de cette plateforme pour partager une toute autre réalité, trop souvent passée sous silence, qui peut aussi faire partie de la maternité. La dépression.

Je fais partie de celles qui ont eu un diagnostic de dépression post-partum, six mois après la naissance de mon beau Renaud. Je vivais plusieurs deuils, celui de mon père, de ma famille décomposée et du bébé tel qu'imaginé. Renaud a été un bébé difficile. Il pleurait beaucoup (plus de six heures par jour), dormait peu, a eu des intolérances alimentaires (protéine bovine et soya) et est d'un tempérament hypersensible. Mais je pense que peu importe le tempérament de notre premier bébé, il y a toujours un deuil à faire entre ce que l'on avait imaginé et la réalité. On sait qu'on va être fatiguée, mais pas à quel point la fatigue peut nous terrasser. On sait qu'un bébé ça pleure, mais pas que des fois on n'en peut plus de l'entendre pleurer. On sait qu'on va perdre un peu de notre liberté, mais pas à quel point notre vie va maintenant s'organiser autour de l'horaire de notre bébé. Bref, six mois après la naissance de Renaud, je n'étais plus l'ombre de moi-même. Je ne dormais presque plus la nuit malgré une fatigue immense. Je pleurais pour un rien et j'avais parfois envie de dormir sans plus jamais me réveiller. Par dessus ces émotions, je me sentais immensément coupable de ressentir ces dernières alors que je devrais être la personne la plus heureuse sur la terre puisque j'avais donné naissance à un beau bébé en santé que j'aimais plus que tout au monde.

Mon amoureux a pris un congé sans solde pour m'aider au quotidien à prendre soin de Renaud et je suis allée voir mon médecin. Je vous épargne la panoplie de médicaments qu'ils m'ont fait essayer avant de trouver le bon, mais tout ça a mis fin à mon allaitement (un deuil de plus). Finalement, j'ai commencé à prendre de l'Effexor et j'ai pu reprendre mon souffle, dormir et sourire. Il y avait donc une lumière au bout du tunnel. Auparavant, j'ai beaucoup lutté contre l'idée de prendre des médicaments pour une dépression, mais je dois dire que dans mon cas précis, cela m'a permis de prendre soin de moi et de mon bébé et je ne pense pas que j'y serais arrivée autrement. Ça m'a permis de me sortir la tête de l'eau.

Renaud a maintenant trois ans et demi et je prends toujours la même dose d'Effexor. Entre temps, j'ai eu mon beau bébé Léo et je suis aujourd'hui enceinte de près de 25 semaines d'un troisième petit bonhomme. J'ai tenté de cesser ma médication, mais cette nouvelle grossesse a amené son lot d'émotions et je n'y suis pas arrivé. C'est une grossesse difficile. J'ai eu de grosses nausées pendant mon premier trimestre et je prends toujours du Diclectin le soir pour ne pas me réveiller nauséeuse le matin. La fatigue que je ressentais lorsque je travaillais (jusqu'à il y a 3 semaines) était EXTRÊME. Bien sûr, le fait d'être maman de deux petits cocos de moins de 4 ans n'y est pas étranger. Mes nuits ne sont jamais paisibles. Elles sont parsemées de réveils et de visiteurs nocturnes qui ont vu un dragon ou qui souhaite simplement se coller pour mieux rêver. Le travail était exigeant et je me sentais souvent déchirée entre mon rôle de mère et mon rôle de travailleuse. J'aurais voulu exceller dans les deux et à trop vouloir en faire, j'échouais des deux côtés. À bout de souffle, ma sage-femme m'a envoyée voir mon médecin pour comprendre davantage la source de ma fatigue qui ne s'expliquait pas par mes tests sanguins. Le verdict est tombé: dépression professionnelle ou, plus communément, burn out. Décidément, c'est un mot qui me hante. 

Je trouve difficile de repasser par ce processus d'acceptation de l'échec ou du moins de ce que je perçois être comme un échec. Mais cette fois-ci, je ne veux pas qu'on augmente ma médication. Je me sens plus forte que les fois précédentes. Je suis heureuse en présence de mes trois amours, ce n'est donc pas un état constant. J'ai plutôt opté pour le yoga que j'avais mis de côté depuis la naissance de Léo. J'ai ressorti mon livre yoga for depression d'Amy Weintraub et après deux semaines de pratique quasi quotidienne, j'en ressens déjà les bienfaits. Je me sens beaucoup plus connectée à mon bébé à venir et beaucoup plus patiente et constructive dans mes interventions avec mes garçons. Je me sens calme et je commence à prendre du recul par rapport à ma situation professionnelle. Ce livre me permet de comprendre qu'est-ce qui, dans le yoga, apporte tant de bienfaits. Mon esprit rationnel a besoin de comprendre et c'est ce que je souhaite partager ici dans les semaines à venir et j'espère, par le fait même, pouvoir aider d'autres mamans qui se sentent aussi parfois coupable de ne pas être à la hauteur, d'être triste et fatiguée, bref, de ne pas correspondre aux exigeances qu'elles s'étaient fixées.

jeudi 23 janvier 2014

Banaliser pour déculpabiliser c'est ok?


La pression est forte sur les nouvelles mamans et qu'il soit question d'allaitement, de sommeil, d'éducation, d'alimentation, il y a toujours quelqu'un qui semble avoir la réponse à chacune de nos questions. Je comprends donc l'idée de la campagne "Stop the mommy war". Il s'agit en fait d'une série de 15 photos présentant chacune deux mamans tenant dans leurs mains une pancarte mentionnant un de leurs choix par rapport à différents aspects de la maternité. Par exemple, on retrouve sur une photo une maman ayant choisi l'allaitement prolongé et une autre ayant choisi de donner de la formule à son bébé.

Peut-on tout banaliser?
Malgré que l'intention soit bonne, j'ai un malaise. Peut-on tout normaliser afin que tout le monde se sente bien? Est-ce qu'il faut vraiment trouver ça correct qu'une maman planifie sa césarienne? Bon, je l'avoue, c'est celui qui m'a le plus fatiguée. Peut-être parce que je prends pour acquis que cette planification a soit comme objectif de convenir à l'employeur du papa ou de limiter la prise de poids de la maman. Mais en y repensant, j'ai réalisé qu'il n'y avait pas seulement cet aspect qui me dérangeait. Celui de l'allaitement et de laisser pleurer son bébé aussi.

 Peut-être que c'est mon chapeau Santé publique qui parle ici, mais quand on fait ce genre de campagne, on s'adresse justement à la masse et non aux individus. Il y a plein de raisons pour lesquelles une maman choisit de ne pas allaiter et ne pas en avoir envie en fait partie et c'est ok. J'ai des amies qui ont allaité jusqu'à 3 ans et d'autres qui n'ont pas eu envie d'essayer. Je m'en fout complètement. Mais quand on s'adresse à un ensemble par contre, je pense qu'on ne peut pas tout généraliser. Il y a des choix meilleurs que d'autres pour la santé du bébé. Bien sûr, ça dépend de pleins de facteurs qui entreront en ligne de compte dans le cas par cas. Mais en santé publique, on ne fait pas du cas par cas. L'allaitement, c'est ce qu'il y a de mieux pour le bébé. Pour la maman aussi lorsque les conditions propices sont présentes. À ce sujet, je vous invite à regarder le très beau documentaire Seins à louer. En ce qui concerne le fait de laisser pleurer son bébé, plusieurs études ont démontré les méfaits de cette approche. Encore une fois, j'ai des amies qui ne jurent que par le 5-10-15 ou l'approche de Brigitte Langevin et d'autres (dont je fais partie) qui préconisent plutôt la méthode Pantley. C'est clair que si vous êtes à boutte et sur le point de pèter votre coche, aussi bien le laisser pleurer. Il y a aussi la variable GBS (gros bon sens) qui entre en ligne de compte.

Je m'excuse si je vous ai heurté!
J'écris ça et je m'en veux en même temps de ne pas être plus ouverte. Je me sens comme si je jugeais les mamans et pourtant... C'est vraiment pas ce que je souhaite. J'ai tellement peur moi-même de me faire juger et je suis tellement loin d'être parfaite. J'ai déjà laissé pleurer mes garçons pour qu'ils dorment et j'ai parfois souhaité qu'ils prennent la bouteille pour pouvoir refiler la job à papa. Mais j'aime bien pouvoir m'en remettre ensuite à ce que je sais qu'il y a de mieux. Faire mes choix de façon libre et éclairée. C'tu correct ça? Je l'sais toujours pas. Lancez-moi pas de briques S.V.P.

Par contre, en ce qui concerne une césarienne planifiée pour autre chose que des raisons médicales, je ne comprends pas. Je sais que ça arrive, je sais qu'il y a des employeurs qui préfèrent ça, mais je ne comprends pas. Un accouchement, ça s'inscrit pas dans un agenda.

En fait, la question qui demeurre, c'est est-ce que c'est le rôle d'une campagne de normaliser chacun de ces choix individuels?

PS: J'aurais aussi pu parler de celle  ou on oppose la mère qui donne de la bouffe bio à celle qui laisse ses enfants manger de la junk. Il y aurait pas mal de choses à dire. Ça veut dire quoi laisser ses enfants manger de la junk? Ils en mangent à l'occasion ou tous les jours? Bon, je ne m'embarque pas dans ce débat.

Crédit photo ici

Concernant les pleurs du bébé, je vous invite à lire ce billet de Maman éprouvette et ici une belle réflexion sur l'importance d'ajuster nos messages lorsqu'on s'adresse à la population vs la maman.

mardi 14 janvier 2014

Le jour où j'ai compris que mon enfant n'était pas si différent...

Mon premier coco n'est pas venu au monde dans des conditions idéales et n'a pas non plus été couvé pendant neuf mois dans un corps de maman serein et comblé par la maternité. Non. En fait, ma première grossesse est arrivée dans l'un des pires moments de m
a vie. Plusieurs deuils se sont succédés et mon accouchement a été à l'image de ma grossesse: remplis d'imprévus, de déception et épuisant. Je vous épargne les détails.

Lumière où es-tu?
Mes six premiers mois avec Renaud n'ont pas été les plus beaux moments de ma vie contrairement à la croyance populaire qui veut qu'un bébé apporte bonheur au sein d'une famille. Mon bébé pleurait ou chignait en moyenne 14 heures par jour, dormait davantage le jour que la nuit et l'allaitement était un calvaire. Après quatre mois, on a finalement compris (grâce à la nutritionniste du CLSC) que Renaud était intolérant aux protéines bovines et au soya. L'allaitement a commencé à mieux aller, mon bébé a commencé à dormir et moi... je n'ai jamais été aussi mal qu'à ce moment. Plus il dormait la nuit, moins je dormais. La lumière au bout des six premiers mois dont plusieurs mamans d'expérience me parlaient, je ne la voyais pas.

Culpabilité quand tu nous tiens...
Je me sentais coupable. Coupable de ne pas être comme les autres: heureuse et comblée par ce nouveau bébé que j'aimais plus que tout au monde, mais qui m'exténuait. Parfois, des idées noires s'incrustaient en moi et là, c'était l'apothéose de la culpabilité. Comment vouloir mourrir quand on vient de donner naissance? Je me sentais comme un monstre d'égocentrisme. Une chance que mon amoureux était là. Il a pris les choses en main. J'ai cessé d'allaiter et j'ai pris des anti-dépresseurs. Le verdict est tombé: dépression post-partum. Je suis allée dormir chez ma mère et il s'est occuppé des nuits et finalement, il a pris un congé sans solde et est resté à la maison avec nous six mois.

Pathos judéo-chrétien
Probablement à cause de mon héritage judéo-chrétien, j'ai toujours cru que Renaud était plus difficile que les autres enfants et que c'était mon fardeau, ma responsabilité et donc que je devais le protéger et en quelque sorte, m'excuser des circonstances dans lesquelles il s'était développé. L'entrée à la garderie a été pénible, tous les changements à sa routine sont difficiles (voir entraînent des crises de bacon extrême) et il est facilement contrarié. Je le décris souvent comme un enfant anxieux à l'image de sa maman. J'ai lu des dizaines de livre sur les enfants anxieux, hyper-sensibles, aux besoins intenses, etc.

Les tranchées
Aujourd'hui, il a deux ans et demi. Il fait souvent des colères lorsqu'il est contrarié, il a peur des flûtes comme certains ont peur des monstres. Ça lui arrive de tapper ses amis lorsqu'il est fâché ou lorsqu'il n'obtient pas ce qu'il veut. Il préfère rester avec maman plutôt qu'aller à la garderie. Mais est-il différent? Oui, comme tous les enfants sont différents, mais pas plus. C'est probablement un ensemble de facteurs qui m'ont mené à accepter cet état de fait, mais j'attribue ma constatation de la normalité de mon garçon à ma lecture récente du livre Les tranchées de Fanny Britt.Ce livre m'a permis de réaliser toutes les culpabilités que les mères portent en elles. Je sens aussi le besoin de libérer mon fils de ce poids que je lui fais subir, de ma culpabilité à son endroit. Bref, je vous suggère à toutes mères ou non, de lire ce livre, car que nous ayons ou non des enfants, nous portons toutes en nous des récits d'accouchement et l'idée de la mère que nous sommes et/ou de celle que nous voudrions être. Bonne lecture!

vendredi 10 janvier 2014

Voici mon excuse...

Si vous êtes une maman et que vous allez sur Facebook dans vos temps libre, vous allez savoir de quoi je parle lorsque je dis: "What's your excuse?". Pour les autres, il s'agit d'une photo d'une mère de trois enfants, en bikini, exhibant son corps svelte et musclé, quelques mois après son accouchement et qui avait pour titre cette question.

Parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais parlez-en!
Mission accomplie, on en a parlé! Certaines l'ont trouvé inspirante, d'autres choquante et d'autres s'en contre-crissaient. J'aurais aimé faire partie du troisième groupe, mais ce n'est pas le cas. Sur le moment, je l'ai un peu enviée et je me suis dit:" Si elle est capable, pourquoi pas moi?". Et bien, c'est là-dessus que j'ai envie d'écrire, pourquoi pas moi. Maintenant, je fais partie d'un groupe non mentionné plus haut, elle me fait chier.

Le rêve
Vous savez quoi, j'aimerais vraiment ça avoir cette shape là après trois enfants, mais après deux, j'ai oublié le projet pour l'instant. Dans un monde idéal, je grimperais au moins trois fois par semaine, je ferais mon yoga tous les matins, je travaillerais seulement sur les dossiers qui me font tripper et avec les gens que je trouve trippants. Je serais aussi à temps plein avec mes enfants, mon chum ne travaillerait jamais le soir et serait là pour nous faire à souper. On voyagerait quatre mois par année sans se demander si les garçons vont bien s'adapter aux changements d'environnement. Mon plus grand ne serait pas aussi anxieux et résistant aux changements, il tripperait sur la garderie, même si, puisque mon monde est idéal, il n'irait pas. Mon plus jeune aurait fait ses nuits à 2 semaines, serait capable de jouer tout seul pendant que je prépare à manger ou que je vide le lave-vaisselle et je ne serais pas tout le temps en train de gèrer les colères de mon plus vieux qui a deux ans et qui, à lui seul, permet à tout ceux qui me côtoient de savoir que le terrible two, c'est pas un mythe!

La réalité
Malheureusement, ou heureusement, je ne vis pas dans ce monde idéal ce qui fait en sorte que j'ai dû revoir mes standards. Je travaille 4 jours par semaine et je dois envoyer mes enfants à la garderie pendant ce temps-là. Quand je ne travaille pas, je suis avec eux et donc, le temps pour m'entraîner est limité et dépend de leur bon vouloir et de leur coopération quand on va au gym d'escalade. Ce n'est donc pas toujours un succès et ça, c'est sans compter les rhumes et les otites qui viennent bousiller mon superbe emploie du temps. Le yoga, je ne sais pas c'est quand la dernière fois que j'en ai fait. Mon chum soupe avec nous en moyenne 4 jours sur 7 et quand il est là, il nous fait à manger. Les voyages, on part dans moins de deux mois, grimper en Californie et les deux on a ben peur de ne pas dormir et de devoir gérer les crises d'anxiété du plus vieux dans l'avion. C'est à peu près ça. Alors voilà, pour répondre à ta question ma chère Maria Kang, c'est ça mon excuse: la vie, la vie!

mardi 14 mai 2013

Quand on se compare...

Je lis actuellement Le journal irrévérencieux d'une mère (presque) normale et j'adore. Mes enfants sont plus jeunes que les siens, mais je me reconnais tout de même dans ses frustrations, ses exaspérations de mère à la maison et je l'envie aussi d'avoir pu rester à la maison aussi longtemps avec celles qu'elle appelle affectueusement: ses terroristes. Pour ma part, je devrai retourner travailler à temps partiel (ouf!) en octobre... Le simple fait d'y penser me rend triste, mais c'est une nécessité.

En lisant ce genre de livre, ce qui nous fait du bien au fond, c'est de se sentir moins seule. On se sent du coup moins mal de vivre tout ce cocktail d'émotions contradictoires à l'égard de notre progéniture et ça fait du bien parce qu'être maman en 2013, ce  n'est pas facile. Les occasions de se comparer aux autres mères et de se trouver poche sont encore plus nombreuses grâce aux médias sociaux. Quand on aurait envie de les enfermer dans le sous-sol et de les oublier juste une heure, le temps de respirer, on pense à notre voisine qui elle garde ses petits à temps plein... Quand on voit notre terreur de 2 ans griffer, mordre ou pincer les petits amis et qu'on redoute chaque sortie avec des couples qui ont d'autres enfants de peur qu'ils se fassent maganer par notre rejeton, on pense à notre cousine qui elle en a trois sages comme des images qui restent assis bien droit quand ils vont au restaurant...

Moi je pense (ou j'espère) que l'herbe a toujours l'air plus verte chez le voisin. On ne le sait pas comment ça se passe une fois la porte fermée. Il n'y a pas d'enfant parfait tout comme il n'y a pas de parent parfait. C'est un mantra que je tente de me répéter quand j'essaie de comprendre pourquoi mon p'tit coco est aussi anxieux et vit difficilement chaque changement (pauvre lui, dans les derniers mois: arrivée d'un petit frère, début de la garderie, abandon de la suce...). Je ne peux m'empêcher de me sentir coupable ayant été très anxieuse pendant ma première grossesse.

Je ne le saurai jamais avec certitude s'il y a un lien ou pas... Je peux simplement tenter du mieux possible d'accepter ce trait de personnalité de mon garçon et tenter de lui donner tous les outils nécessaires pour devenir peu à peu autonome. Il faut comme lâcher prise en moment donné et arrêter de chercher des réponses et de se demander tout le temps pourquoi... C'est pas facile parce que de l'information sur tous les aspects de nos p'tits cocos, il y en a partout. Il faut peut-être arrêter de lire et suivre son instinct... Mais juste pour me contredire, je vous invite à lire ce billet d'une de mes collègues au sujet du sommeil des nourrisons.

jeudi 28 février 2013

Léo

Léo a 7 semaines... déjà. Ça fait donc un moment que je n'ai rien écrit. J'ai été emporté par le tourbillon du quotidien avec un nouveau-né et un autre bébé de 22 mois! Ma fin de grossesse a été pénible... J'étais à boutte! À boutte de me sentir grosse, de ne pas pouvoir grimper, de mal dormir, d'avoir mal dans le bas de dos, etc. J'avais hâte d'accoucher! Faut croire qu'on oublie à quel point ça fait mal de sortir ce gros paquet là! Une fois dans le travail, je me trouvais pas mal niaseuse d'avoir attendu ce moment avec impatience!

C'est finalement le 9 janvier que mes contractions présentent depuis des semaines sont devenues efficaces! À 12h30 j'appelais la sage-femme pour lui dire que je pensais que cette fois-ci, c'était des "vraies". À 14h30, j'appelais ma mère pour qu'elle vienne chercher mon plus grand et mon amoureux appelait la sage-femme pour lui dire de s'en venir. À 15h30, la sage-femme est arrivée. On pensait qu'elle aurait le temps de retourner chez elle manger (elle habite à côté), mais une fois cette idée mentionnée, mes contractions se sont intensifiées et c'était clair que le travail actif était commencé.


Pour mon premier bébé, la poussée a duré plus de 3 heures. J'étais épuisée et j'ai bien cru que je n'y arriverais jamais. Je n'étais pas la seule car les ambulanciers avaient été appelés au cas où le bébé serait en détresse et qu'il faille donc me transférer. J'avais peur qu'un scénario semblable se reproduise lorsque j'ai senti la force de la poussée faire sa place dans mon corps. Je ne me sentais pas capable de répéter l'expérience. Je me souviens avoir dit j'ai peur... Ma sage-femme et mon amoureux m'ont été d'une aide inestimable. L'ambiance de ma maison et leur présence m'ont permis d'aller au-delà de ma peur et quelques minutes après avoir dit "j'ai peur", Léo était là... Je n'en revenais pas...




Mon accouchement a été magique. Je ne pensais pas que ça se pouvait dire: "J'ai aimé ça accoucher". Mais c'est le cas. C'est pas un party, ça fait mal en cr..., mais j'ai aimé ça parce que j'y suis arrivée, parce que j'ai vécu l'accouchement dont je rêvais, c'est-à-dire: à la maison avec mon amoureux et mon extraordinaire sage-femme, dans mon lit et mon plus vieux a pu rencontrer son petit frère avant de se coucher pour la nuit. Je me considère extrêmement chanceuse et privilégiée d'avoir pu vivre une expérience semblable étant donné le peu de places disponibles en maison de naissance. J'espère sincèrement pour les autres mamans que d'autres places seront créées afin de sortir l'accouchement de l'hôpital (lorsque possible bien sûr!). C'est une expérience que je souhaite à toutes les femmes qui le peuvent et le veulent.